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Danger sur les emplois à domicile. Pour la première fois depuis la création de ce secteur économique et social qui pèse 6 milliards d'euros de masse salariale brute et emploie 1,4 million de personnes, le nombre de particuliers employeurs, d'heures travaillées et de salariés a baissé depuis 2010.
Le recul n'est pas impressionnant - il varie, selon les indicateurs cités par la Fédération des particuliers employeurs (Fepem), entre 0,2 et 1,4 % par an -, mais la tendance est inquiétante.
Et ce n'est peut-être qu'un début. François Hollande a annoncé une sévère cure d'amaigrissement de la niche emplois à domicile (dite niche «nounou»), qui permet aux familles qui salarient une personne à domicile (garde d'enfants, ménage…) de réduire fortement leur revenu imposable. Si elle est votée, les ménages ne pourront plus déduire que 10.000 euros (contre 12.000, plus 1 500 par enfant, soit 15.000 euros maximum aujourd'hui) et la ristourne passera de 50 % à 45 % des salaires versés. «On revient vingt ans en arrière» critique Marie-Béatrice Levaux, la présidente de la Fepem, qui rappelle que cette niche a été créée par… Martine Aubry pour solvabiliser les emplois d'un secteur en forte croissance. « Arrêtons de jouer au yo-yo avec cette niche qui a permis de créer des centaines de milliers d'emplois et dont le rabotage a un effet psychologique dramatique sur les employeurs, qui anticipent déjà sa suppression.»
Si François Hollande applique donc son plan, le risque immédiat est la disparition automatique de plusieurs dizaines de milliers d'emplois. «Les employeurs ont déjà réduit de 3 % le nombre d'heures travaillées depuis deux ans et ils vont continuer, prévient Marie-Béatrice Levaux. Soit elles disparaîtront, soit elles basculeront dans l'économie informelle.»
Bref, une partie des heures travaillées sera payée «au noir», condamnant des dizaines de milliers de salariés à vivre dans l'illégalité.
«Est-ce que cela vaut le coup de jouer avec un secteur qui pèse autant?», interroge la présidente de la fédération, prête à prendre des engagements précis en matière d'emplois. Du moins si François Hollande rétablit, en contrepartie, des allégements de charges pour les employeurs et s'engage à ne plus toucher à la niche emplois à domicile pendant cinq ans. Marie-Béatrice Levaux attend la réponse du président élu…
En cause, la crise, qui a fortement réduit le budget des familles employant des salariés à domicile, mais aussi la suppression au 1er janvier 2011 de l'abattement de 15 points de cotisation patronale. Cette mesure, décrétée par François Fillon pour faire des économies, a entraîné, selon la Fepem, la suppression de 13.000 emplois en équivalent temps plein. Soit au total, les postes étant à temps partiel, la disparition pure et simple de plusieurs dizaines de milliers d'emplois!