Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 08:12
Le blues des maires face à la crise

 

Confrontés à la détresse sociale de leurs administrés et à la baisse de leurs budgets, les maires subissent, à un an des municipales, une baisse de popularité.

Ils sont les premiers maillons de la chaîne républicaine, les premiers relais d'une détresse sociale grandissante. Élus de proximité, les maires subissent de plein fouet les effets de la crise et se retrouvent face à une équation insoluble: de plus en plus sollicités, ils disposent de moins en moins de moyens. À un an des élections municipales, un sentiment d'impuissance s'est installé chez bon nombre d'entre eux. «Quand je suis arrivé en 2008, j'étais plein d'idéaux, pétri d'une envie de faire changer les choses. La désillusion a été rapide, et j'ai compris que je ne pourrais pas répondre à toutes les attentes», témoigne le jeune maire d'Asnières-sur-Seine Sébastien Pietrasanta.

 



L'édile socialiste raconte les sollicitations quotidiennes, principalement des demandes de logement - environ 4000 par an pour seulement 50 nouveaux logis disponibles - et d'emploi. «On essaye de faire face à la pénurie avec nos moyens. Mais, parfois, on se sent vraiment désarmé». «Les maires sont en première ligne: on leur fait confiance, on les connaît, on attend beaucoup de leur part. Mais pour eux, l'horizon est bouché», approuve le président de l'Association des maires de France et maire UMP de Lons-le-Saunier (Jura), Jacques Pélissard. Lors d'une entrevue mardi à Matignon, le représentant des maires a alerté Jean-Marc Ayrault de l'asphyxie financière qui menace ses pairs. En février, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a annoncé un nouveau coup de rabot sur les dotations publiques aux collectivités locales, qui seront réduites de 3 milliards d'euros d'ici 2015. Soit deux fois plus que la coupe de 1,5 milliard initialement prévue.


Gérer sa ville «comme une entreprise»


Une cure de rigueur difficile à accepter, alors que certaines municipalités peinent déjà à boucler leur budget. «Si ça continue, on va être à l'agonie rapidement», prévient Stéphane Gatignon, maire de Sevran, en Seine-Saint-Denis. Une commune pauvre, où le taux de chômage des jeunes frôle les 40%. En novembre dernier, cet élu écologiste avait mené une grève de la faim de cinq jours, jusqu'à l'obtention d'une dotation budgétaire de cinq millions d'euros qu'il réclamait à l'Etat. «Sans ça, on ne passait pas l'année», assure-t-il. A Sevran, le maire a appris à composer avec la crise, à gérer sa ville «comme une entreprise», en priorisant certains secteurs, comme l'éducation ou la culture. Victimes des coupes budgétaires, les maires sont parfois obligés de racler les fonds de tiroir. «Cette année, j'ai réduit d'un tiers les illuminations de Noël. Toutes les dépenses superflues sont revues à la baisse», explique le maire d'Asnières-sur-Seine.

Autre solution: recourir à des emprunts, parfois à risque. Entre 1995 et 2009, plus de 5000 communes ont souscrit à des prêts dits «toxiques» accordés par la banque franco-belge Dexia. À Asnières, ces produits financiers à taux très variables ont un temps constitué 95% des emprunts contractés par la municipalité. L'un d'entre eux, pernicieusement appelé «Tofix», était en réalité indexé sur les fluctuations du franc suisse… Beaucoup de maires, dépassés par la complexité de ces contrats, s'y sont laissés prendre. «Tout cela est incompréhensible, même pour un très bon directeur des finances. Je ne vais tout de même pas embaucher un trader dans mon équipe!», s'agace Sébastien Pietrasanta.


«Le maire est devenu un artisan de la cohésion sociale»


«Certains maires, surtout dans les petites communes, n'ont pas les compétences juridiques ou l'entourage nécessaires pour faire face à toutes les situations», reconnaît de son côté le président de l'Association des maires de France. Et ce alors que les contraintes administratives auxquelles ils sont soumis se multiplient. L'Association des maires de France évalue à 400.000 le nombre de normes françaises ou européennes qui pèsent sur les collectivités locales: réglage d'un panneau de basket sur un terrain municipal, grammage des merguez dans les cantines scolaires, largeur des bandes des passages piétons… Autant de «procédures retardatrices», selon Jacques Pélissard, qui ont engendré des surcoûts de 783 millions d'euros pour les collectivités en 2011. La mairie de Sevran doit ainsi trouver 15 millions d'euros avant 2015 pour assurer le respect des normes d'accessibilité aux personnes handicapées. «On va en avoir pour dix ans!», s'inquiète le maire, Stéphane Gatignon.


À un an des élections municipales, le tableau n'est guère réjouissant.

 Jusqu'alors épargnés par la désaffection de l'opinion publique pour la classe politique, les maires voient leur popularité chuter: selon une étude du Cevipof datant de décembre, 57% des Français leur font confiance, contre 65% en 2009. Malgré cela, 70% des maires déclarent avoir l'intention de solliciter un nouveau mandat en 2014, selon un récent sondage réalisé par l'Ifop pour la Lettre de l'Opinion. Qu'est-ce qui les fait encore courir? Certainement pas leurs indemnités, qui ne dépassent pas le Smic dans les communes de moins de 10.000 habitants. «Il y a un rapport un peu fou entre ce qu'un maire gagne et le temps qu'il passe à gérer les affaires de sa commune, juge Jacques Pélissard. Mais son rôle suscite désormais des vocations altruistes. Il est devenu un artisan de la cohésion sociale et se sent investi d'une mission».


Ce qui interdit aux citoyens, qui n'ont pas de fortune personnelle, de revenus complémentaires (retraite, rente, ...) ou la possibilité de cumuler emploi et indemnité, de se présenter au suffrage universel. Cela présage une reprise du pouvoir par la bourgeoisie ou la noblesse qui n'ont que l'intérêt personnel comme ambition. Ce n'est pas cela la démocratie qui doit permettre à tout citoyen de se présenter devant les électeurs quelque soit sa profession, sa situation familiale. C'est peut-être une des multiples raisons de la montée de l'abstention dans toutes les élections, cette sensation de ne plus être reconnu.

 

Plutôt que de se lamenter, et si cette crise était l'occasion de montrer que les maires sont capables de réfléchir, de proposer, d'innover dans la gestion de leur ville. C'est le moment pour chacun de démontrer sa capacité à créer un autre modèle du vivre-ensemble, une autre approche de la cohésion sociale que nous attendons encore et toujours et pas ce clientélisme permanent pour être réélu.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog des élus de la minorité municipale de Mésanger.
  • : Outil des élus de Mésanger Citoyens Solidaires, ce blog vous informera sur nos interventions, nos propositions au conseil municipal. C’est aussi un espace d’échange qui vous est dédié. Intervenez, proposez, commentez l’actualité de notre commune. Nous serons plus efficace, plus en phase avec vos préoccupations.
  • Contact

Texte Libre

Archives