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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 15:15

Mis en musique par des sondages toujours plus improbables et les "unes" volontairement accrocheuses des magazines, on nous fredonne inlassablement, année après année, que le FN progresse.

 

Sans (presque) rien dire, sans rien faire, et surtout sans programme, la voici au sommet d’une vague que des politologues sur le retour considèrent, parbleu, comme "irrésistible".

 

Point d’orgue de ce mauvais scénario ficelé à l’avance, voici le FN affublé, avant chaque élection, du titre pompeux de "premier parti de France", alors que les chiffres donnent largement et à chaque fois gagnant celui des abstentionnistes !

 

Il faut cesser cette comédie autour du FN

 

Le FN est donc au centre du jeu. Ou plutôt, reconnaissons-le, il y a été placé. La crise économique et sociale, la grande dépression nationale, l’absence de courage politique depuis au moins trois décennies, la grande trahison des élites, la faillite des deux principaux partis de gouvernement… Il y a effectivement un peu de tout cela.

 

Ajoutez-y une pincée de sensationnalisme médiatique et deux doigts de politique-fiction, notre vrai sport national. Agrémentez avec quelques faits d’actualité bien choisis et laissez mijoter. La famille Le Pen n’aurait plus qu’à se servir ?

 

Il est temps, sur ce sujet comme sur d’autres, d’arrêter de jouer en défense. Pendant de trop longues années, en effet, les élites de ce pays se sont penchées sur l’électorat frontiste avec condescendance ou mépris, avec des mots plus souvent usités dans les cabinets médicaux que dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Tandis que des experts se demandaient après chaque élection, en dodelinant de la tête :

 

"Est-ce un vote d’adhésion ou un vote de protestation ?"

 

Oui, il faut cesser cette comédie. 


C’est lorsque la politique recule que le FN avance

 

Il faut entendre et comprendre ce vote pour ce qu’il est : un vote politique. Non dans l’approbation d’un projet de société structuré, puisque ce n’en est pas un. Mais politique au sens où il exprime une demande claire : que la politique, justement, reprenne ses droits. Sur l’économie, sur la marche du monde, sur les événements, sur le quotidien.

 

Que la politique, celle qui organise la cité, quitte les plateaux télé ou les palais parisiens de la République, pour enfin redescendre sur terre. Que celle qui fait que nous sommes une société s’affranchisse des chiffres des sondeurs et des livres de comptes des petits argentiers non élus qui nous gouvernent, et retrouve dare-dare le chemin du "bas" et le sens du "vrai".

 

 

Disons les choses franchement : oui, cette demande, cette exigence, cette supplique est plus que majoritaire chez nos concitoyens, et n’est en rien l’apanage du seul électorat de Madame Le Pen. Je l’ai personnellement mesuré à l’occasion des élections municipales à Montpellier qui a vu ma liste "citoyenne, divers gauche et écologiste" l’emporter contre tous les partis réunis, avec un FN contraint à 9%.

 

C’est lorsque la politique recule que le FN avance. C’est lorsqu’elle refuse d’utiliser les vrais mots face aux vrais maux que Madame Le Pen progresse dans les esprits. C’est lorsqu’elle abandonne toute idée de progrès que les thèses d’extrême droite prospèrent. C’est lorsqu’elle oublie les siens que l’on veut s’en prendre à l’étranger ou à "l’autre".

 

Au fond, la force du FN se bâtit d’abord sur la faiblesse politique des autres partis, incapables de se rénover, verticaux et dogmatiques dès qu’il s’agit de l’intérêt général, prêts à tous les arrangements et les "combinazione" pour satisfaire les intérêts particuliers, singulièrement ceux liés au pouvoir.

 

Construire une alternative politique

 

Ce vieux monde, issu du XIXe siècle, sombre devant nos yeux. Mais pourquoi jeter le bébé avec l’eau du bain ? Ce n’est pas la République qui est ici en cause, même si nous devons la rendre plus forte pour répondre aux défis qui nous attendent.

 

L’heure est bien à construire une alternative politique. Or les partis traditionnels ne le feront pas. Par absence d’idées, de vie, d’envie. Par intérêt aussi, peut-être… C’est aux citoyens de réinventer un nouveau modèle d’engagement politique, fondé sur la transversalité et le partage d’expériences.

 

Je crois, pour le vivre dans ma ville, que ce nouvel élan républicain peut s’appuyer sur les forces vives de ce pays qui doivent désormais faire entendre leur voix : la société civile restée trop longtemps silencieuse qui doit retrouver le chemin de l’engagement et de l’action ; ces dizaines de milliers d’élus, désintéressés et engagés au quotidien, sur leur territoire, qui donnent de leur temps et de leur énergie, pour que nos valeurs inscrites sur le fronton de nos écoles gardent tout leur sens.

 

Face à ce défi historique pour notre pays, ce ne sont pas les mots, si grands et forts soient-ils, des partis politiques d’en haut qui nous sauveront, ce sont les actes de la République d’en bas.

 leplus.nouvelobs.com/

 

Lamentable pourrait-on dire des candidats de l'extrême droite sur le Pays d'Ancenis ou peut-être minable ? Parachutés, n'ayons pas peur des mots, les titulaires sont des parachutés, des personnes qui viennent de Nantes et d'Angers. Deux petits bourgeois qui disent connaître le monde rural parce que l'un d'entre eux aurait une vague relation de famille à Saint-Herblon ? Que connaissent-ils des difficultés journalières des agriculteurs, des suicides journaliers, des agriculteurs qui arrêtent leur acticité, eux qui ont toujours vécus en ville et venaient le dimanche "à la campagne" ? Que connaissent-ils des difficultés de trouver un emploi, de finir le mois quand il n'y a plus qu'un salaire à la maison, des difficultés de payer la cantine, le périscolaire ? L'extrême droite a vraiment racler les fonds de tiroirs pour présenter des candidats, cela montre sont incapacité à gérer un département, et même autre chose.

 

Lamentable et minable si c'est tout ce que le parti d'extrême droite peut présenter comme candidats. Un remplaçant est d'Ancenis, son seul titre de gloire a été d'avaler ses clés de voitures sur un rond-point devant les gendarmes, et il veut gérer le département avec cela ?

 

Et ces personnes osent se présenter devant les électeurs avec comme "programme" celui qui est déjà mis en place ou qui va l'être très prochainement par la majorité départementale. Ce n'est pas bien de copier dit-on aux enfants, mais c'est vrai que l'extrême droite n'a plus peur, plus elle ment, plus elle manipule et plus elle avance.Ce n'est pas l'extrême droite qui va rouvrir le magasin dans un village de 150 habitants, ni faire venir un médecin, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas l'extrême droite qui va réimplanter une école dans un village de 50 habitants, ce n'est pas vrai ! Ouvrons les yeux.

 

Alors qui sont les responsables, bien sûr ceux qui ne vont pas voter (lire l'article si dessus), ceux qui préfèrent regarder la télévision que participer à la vie publique. Il ne faut pas se tromper d'élection. Ce n'est pas parce qu'ils auront "viré la gauche" que le gouvernement partira, mais la politique de proximité, de solidarité mise en place disparaîtra avec la nouvelle majorité quelqu'elle soit, droite ou extrême droite.


 

 

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