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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 08:06
Il n'y a dette publique que parce que les banquiers en ont décidé ainsi.

On prend désormais conscience, chaque jour davantage que le monde de la finance, le CAC 40 et ses équivalents dans les autres pays, ont déclaré la guerre aux peuples et aux États. Ce qui est arrivé à la Grèce peut survenir dans tout pays, à tout moment. L’« Europe », qui est gérée désormais officiellement par des banquiers, a écrit la partition de ces prédations présentes et à venir.


L’article 123 du Traité de Lisbonne stipule que : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de leur dette est également interdite. »


En clair les États signataires s’interdisent de se financer directement à taux zéro – ou même à 1 % – auprès de leur banque centrale ou de la BCE. Ils sont obligés de s’adresser aux banques privées qui leur proposent les taux qu’elles décident (3,5 ou 10 %) tout en se finançant actuellement elles mêmes à un taux quasi nul auprès de la BCE.
Cette nouvelle donne a obligé notre pays a emprunter 1 300 milliards d’euros depuis 1980 pour rembourser les seuls intérêts de notre dette. Si cet article du Traité de Lisbonne n’avait pas existé, la dette publique de la France serait inférieure à ce qu’elle était en 1980. En novembre 2011, dans une réunion de militants socialistes, François Hollande répondait en vrai solférinien, c’est-à-dire de manière dilatoire et en ménageant la chèvre et le chou à la question de savoir s’il fallait supprimer cet article.


Cette situation dure en France depuis 1973


Cette même année, notre pays privatise la création monétaire. Sous l’autorité du président Georges Pompidou, ancien fondé de pouvoir de la banque Rothschild, le ministre de l’Économie et des Finances, Valérie Giscard d’Estaing (fils d’un inspecteur des finances banquier) modifie les statuts de la Banque de France à qui il est désormais interdit de prêter à l’État. Cette modification est opérée par la loi n° 73-7 du 3 janvier 1973, dite « loi Rothschild »). En 2011, la France était endettée à hauteur de 1 700 milliards d’euros. Elle avait déjà payé plus de 1 400 milliards d’euros d’intérêts depuis quarante ans. Ses créanciers étant à 65 % étrangers, en grande partie des banques privées et de gros clients des marchés financiers.


Cela dit, l’article 19 de la loi de 1973 autorise l’État à emprunter à la Banque de France, mais il empêche le Parlement de se saisir de cette initiative : « Les conditions dans lesquelles l’État peut obtenir de la Banque des avances et des prêts sont fixées par des conventions passées entre le ministre de l’Économie et des Finances et le gouverneur, autorisé par délibération du conseil général. Ces conventions doivent être approuvées par le Parlement. » Les pays européens suivent l’exemple français en 1992.
L’article 104 du Traité de Maastricht étend à toute l’Europe la règle française : « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des états membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales” d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »


Cette pratique est constitutionnalisée par le Traité de Lisbonne qui reprend, à la virgule près, l’article 104 du Traité de Maastricht. En 2005, 53% du peuple français rejettent par référendum le Traité constitutionnel européen et ses dispositions, donc, entre autres, l’article 123. En 2008, le président de la République française, Nicolas Sarkozy fait voter par les deux chambres réunies en Congrès un traité « simplifié » qui bafoue le résultat de 2005. La droite, le centre et les Solfériniens votent selon les vœux de Sarkozy. Le schéma ci-dessous montre que l’État doit pour la période du 1er janvier 1976 au 31 décembre 2006, 0,5 milliard au titre du capital et 1142, 2 milliards au titre des intérêts cumulés de la dette. Des intérêts qui engendrent de nouveaux intérêts.
99,95 % de la dette représentent les intérêts cumulés depuis 1976. Si notre pays avait pu se financer à des taux situés entre 0 et 1%, sa dette serait totalement négligeable. La politique monétaire des pays européens (qui ne peuvent plus battre monnaie) est donc décidée par les banques privées, dont beaucoup ne sont pas européennes.


Tout est désormais verrouillé. Les dirigeants n’ont plus aucune marge de manœuvre en matière économique et financière. Les citoyens n’ont plus aucun droit de regard, ne peuvent plus exercer le moindre choix quant à leurs conditions de vie individuelles et collectives. La dette sera donc payée par les peuples par leurs impôts alors qu'ils n'y sont pour rien. Mais les banques vont continuées à s'enrichir et les bonus à augmenter.

 

La passivité des habitants par un renoncement au contrôle des actes publics mène tout droit au règne des non-élus.

 

Par Bernard Gensane
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